Double mise en examen de Nicolas Sarkozy suite à la rétractation de Ziad Takieddine

Photo of author

Par Abert

Justice

Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, a été inculpé ce vendredi pour les chefs d’accusation de « recel de subornation de témoin » et « participation à une association de malfaiteurs » dans l’affaire liée à la rétractation de Ziad Takieddine.

Nicolas Sarkozy mis en examen dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour deux chefs d’accusation dans l’affaire concernant les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Il est soupçonné de « recel de subornation de témoin » et de « participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre l’infraction d’escroquerie au jugement en bande organisée ». Cette mise en examen fait suite à trois jours d’audition par les juges d’instruction.

Des manœuvres visant à tromper la justice

Les enquêteurs financiers de l’Office central contre la corruption (OCLCIFF) ont interrogé Nicolas Sarkozy pendant 12 heures en juin dernier, au cours desquelles il avait nié toute implication. L’affaire a connu trois moments distincts, avec une interview de Ziad Takieddine publiée par Paris Match et BFMTV, suivie d’une lettre adressée aux magistrats en fin 2020. En janvier 2021, des tentatives auraient également été faites pour discréditer un « document libyen » publié par Mediapart en 2012.

Le parquet estime que ces épisodes ont été orchestrés par au moins huit à neuf personnes, dont Nicolas Sarkozy, et ont coûté au moins 608 000 euros. Parmi les autres protagonistes figurent Mimi Marchand, Noël Dubus et David Layani.

Au centre de l’affaire se trouve Ziad Takieddine, l’intermédiaire franco-libanais qui a changé plusieurs fois sa version des faits concernant le financement libyen de la campagne de 2007. Après avoir affirmé avoir remis des valises d’argent à Sarkozy et Claude Guéant, il s’est rétracté en novembre et décembre 2020, avant de revenir sur ses propos en janvier 2021.

Lire aussi :   Agent de l'IGPN agressé à Brétigny-sur-Orge : suspects sous contrôle judiciaire

Nicolas Sarkozy sera jugé en 2025 dans cette affaire. Cette nouvelle mise en examen ajoute une dimension supplémentaire à un dossier déjà complexe et politiquement sensible. L’ancien chef de l’État nie toute participation aux faits incriminés et a également été placé sous le statut de témoin assisté pour « association de malfaiteurs en vue de commettre l’infraction de corruption active ».

Nicolas Sarkozy est confronté à une mise en examen double dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Cette affaire, qui a connu plusieurs rebondissements, implique également d’autres personnes et a des conséquences politiques importantes. Les éléments de l’enquête suggèrent des manœuvres visant à tromper la justice, mais Nicolas Sarkozy continue de nier toute implication. Cette nouvelle mise en examen ajoute une dimension supplémentaire à un dossier déjà complexe et continue de susciter l’intérêt du public et des médias.